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Ratatouille : Chapitre 5

Ce fut d’abord les silhouettes brunes d’une bonne dizaine de maisons qui se découpèrent en premier au fond de cette combe que le chemin surplombait. Les murs de bois et de terre recouverts de chaume donnaient des lignes massives aux bâtiments. Les quelques étroites fenêtres noires percées ici et là rajoutaient à cet impression de lourdeur. Certaines cheminées dégageaient une fumée grise qui montait nonchalamment se confondre avec les nuages.

Une petite place très sommaire était aménagée en son c–ur. Le puits de pierre qui en habillait le centre était recouvert par un marronnier. Cet arbre offrait de l’ombre aux habitants venant chercher de l’eau en plein été.

Sur la droite, un bâtiment en pierre de taille blanche contrastait avec le reste du village par sa propreté et ses ornements. Des larges colonnes supportaient une lourde avancée triangulaire qui surplombait le perron. La distance empêchait de voir ce que la fresque représentait mais c’était sans nul doute un temple de Sigmar.

En périphérie du village, on pouvait encore distinguer les exploitations agricoles qui formaient un patchwork de couleurs tels les pétales d’une fleur autour de son c–ur, le village. Les friches, recouvertes de fleurs sauvages, étaient pigmentées d’une multitude de couleurs. Un autre champ fraichement labouré se parait d’un beau rayé en dégradé de marrons et une exploitation de maïs offrait une large surface jaune au regard du voyageur.

Au premier regard, le village semblait parfaitement paisible, ce qui faillit tromper Dinin. Les yeux de l’elfe en avait déjà pourtant vu bien plus.

D’autres silhouettes en mouvement étaient nettement plus inquiétantes. Le groupe arrivait au moment où les redoutables hommes bêtes portaient leur charge sur le village.

Un guetteur donna l’alerte et se mit à sonner une cloche sans interruption. Les paysans qui travaillaient aux champs se précipitèrent vers le village. Les chiens se mirent à aboyer en cacophonie. On entendait les cris des mères qui hurlaient après leurs enfants pour qu’ils rentrent se barricader chez eux. D’autres familles courraient vers le temple, cherchant plus l’abri de leur dieu que celui de ses murs de pierre. Un grand-père tournait en rond au milieu de la place, bousculé par les habitants affolés, jusqu’à ce qu’une petite fille vienne lui prendre la main et l’emmène dans une maison proche. Les hommes valides commençaient déjà à se rassembler au milieu de la place pour faire front à leur adversaire qui dévalait la combe dans un cri de guerre bestial.

Un paysan en retard restait planté au milieu du chemin, paralysé par la peur. On entendit le cri d’une femme l’appeler par son nom mais il ne bougeât pas. Deux secondes plus tard, il était fauché d’un revers de hache sans que cela ne ralentisse la charge de son assassin. Son corps fut piétiné par les autres créatures qui le suivaient si bien qu’il n’en resta rapidement plus qu’une bouillie de ce brave homme.

Se détachant de la horde, un des Gors s’arrêta et chercha du regard l’origine de cette voix féminine. Il la débusqua à côté d’une carriole à 20 mètres de là. Un léger sourire sadique lui déforma le visage. Il arma son arbalète, visa et tira. La paysanne n’eu pas le temps de réagir et reçu le carreau en plein ventre. Elle se plia en deux de douleur et s’effondra en répandant son sang sur sa belle robe beige.

L’homme bête était déjà entrain de reprendre sa course vers le village tout en se léchant les babines dans une attitude d’immense plaisir.

Le reste de la horde entrait maintenant dans le village. Les quelques paysans rassemblés pour faire se battre n’allaient pas survivre longtemps. Certains monstres se détachèrent du groupe et s’attaquèrent aux fermes les plus proches. Une créature se précipita dans la première maison à gauche du chemin.

Philippe vit la scène se passer sous ses yeux et ne pu rester en place plus longtemps. À la surprise générale, il dit en se levant :
– Je vais tous les tuer. Ortella, Angeline, je vous aime.

Il se tourna alors vers le reste du groupe qui était encore tapis dans les broussailles :
– Prenez soin du père et de la relique.

Alors qu’il finissait sa phrase, il se précipitait déjà vers sa demeure.

Valentine, qui voulait lui éviter la mort, commençait à incanter un sort mais elle fut interrompue par Dinin :
– Je comprends tes sentiments, mais laisse le mourir dignement au combat. Il est déjà trop tard de toute façon. Le Gors qui est rentré à sûrement massacré sa famille et Philippe n’a aucune chance. Il le savait en se levant.

Philippe s’engouffrait dans sa maison pendant que Valentine versait des larmes en sa mémoire.

Après le combat, les aventuriers découvrirent les dépouilles d’Ortella et d’Angeline. Leurs corps gisaient à même le sol au milieu des débris de leurs meubles et de leurs vaisselles.

À quelques mètres de là, les corps de l’homme bête et de Philippe s’entremêlaient dans une mortelle étreinte. Ils se trouvaient au pied de l’âtre où finissait de cuir le plat de sa femme. La ratatouille était prête.

fin

Une réflexion au sujet de « Ratatouille : Chapitre 5 »

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