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Ratatouille : Chapitre 2

C’est avec un petit rictus au coin des lèvres que Dinin poursuivit :
– Qu’il y ait de la bière !

Trop content de cette condition, Philippe accepta de suite :
– Vendu ! J’ai d’ailleurs des amis qui m’on amené un tonneau qui devait arriver à Middenheim mais qui a dû malheureusement passer par dessus le ponton d’un navire. Ils m’ont assuré l’avoir retrouver qui flottait, piégé entre les racines d’un arbre le long de la berge.
– Peu importe d’où qu’elle vienne, pourvu qu’elle soit buvable. Ça serait déjà bien pour une bière d’humain !

Philippe se tourna alors verre sa fille qui discutait avec Drulak et lui dit :
– Ma fille, va prévenir ta mère que nous avons du monde à manger ce midi. Qu’elle nous prépare une ratatouille et qu’elle sorte le tonneau de bière qui est arrivé hier. Celui avec le loup blanc peint dessus.
– Oui papa. Mais pourquoi tu ne parles plus comme d’habitude ?
– Maaa, qué cé qué tout raconte. Allé, file prévenir ta mère ! Sinon elle n’aura pas le temps dé tout préparer. Et pouis, tou l’aidera aussi. D’accord ?
-Oui papa, répondit sa fille en partant à grande enjambées, trop contente d’avoir une bonne nouvelle à annoncer à sa mère.

Philippe regardait disparaître sa fille dans les bois et rejoindre le chemin qui passait un peu plus haut. Il se tourna vers les PJ et leur dit :
– Elle n’est pas magnifique ?
Valentine répondit la première :
– Oh que si, mais la dernière fois que l’on t’a vu tu étais gravement blessé entrain d’être soigné au fond d’une cellule de la milice fluviale de Volgen. Ça remonte à deux ans et j’ai un peu de mal à comprendre comment tu as fait pour avoir une gamine de sept ans. Et c’est quoi c’est accent ridicule que tu prends devant cette fille ?

Le ton acide qu’utilisait Valentine n’échappa à personne. Surtout à Drulak dont l’ouïe élfique savait entendre toutes les subtilités de sa voix. Il se demandait s’il elle n’était pas un peu jalouse. Philippe, sur la défensive lui répondit :
– Valentine, ne prend pas ce ton là. Je considère Ortella comme ma propre fille.
– Tu sais très bien que ça n’est pas ce que je voulais dire !

Dinin, qui n’aimai pas voir ses humains se quereller, intervint :
– vous ne croyez pas que nous avons assez d’ennemis comme ça ? Si vous avez envie de vous battre, venez dans les tunnels de nos forteresses. Après une journée de combats acharnés, si vous en ressortez vivants, ça vous passera l’envie de vous chamailler.

Et l’elfe de rajouter :
– pour une fois les nains font preuve de sagesse.
Dinin le fusilla du regard mais devant ses yeux ronds fixés sur lui, il ne pu se retenir et reparti d’un rire caverneux. Philippe et Valentine qui étaient restés à les écouter se rendirent compte de l’absurdité de la situation et se mirent à rire aussi.

L’heure suivante se déroulât autour des souvenirs échangés. Philippe expliqua comment, après avoir pris une dernière beuverie en sortant de prison, il avait rencontré Angeline. Elle était ratière avec sa fille. Son mari était mort écrasé par une charrue aux champs. Elle avait été expulsée de son village qui la considérait comme une charge maintenant qu’elle n’était plus sous la protection de son homme. Elle avait cherché à survivre en allant à la ville. C’est comme ça qu’elle avait pris ce travaille et qu’ils s’étaient rencontré au fond d’une ruelle sordide de Middenheim, un matin très tôt alors qu’une brume se tapissait encore dans les quartiers les plus humides. De fils en aiguilles, ils avaient noués des relations solides et avaient décidé de venir s’installer ici.

Angeline était une femme courageuse. Elle devait avoir une trentaine d’années mais son corps usé lui en donnait facilement 10 de plus, comme beaucoup de femmes à la campagne. Philippe la décrivit néanmoins comme la plus belle femme qui soit. Elle avait gardé une attitude droite et fière. Ses yeux noirs luisaient d’une flamme qui pouvait être terrible quand elle était en colère ou des plus chaudes si elle était remplie d’amour.

Désireux de se faire oublier, il s’était créé cette identité de tiléen. Pour tout le monde, il était un pêcheur/chasseur venu du sud. Son accent faisait rire les gens. Il passait pour un excentrique et ça lui allait très bien. Il pouvait ainsi faire passer beaucoup de choses.

Sa femme était bien sûr au courant et sa fille commençait à se douter de quelque chose. Il faudrait qu’il lui dise bientôt la vérité.

De leur côté, les aventuriers racontèrent tous les périples qu’ils avaient dû affronter depuis leur dernière encontre.

A un moment de la conversation, on vint à parler de la présence d’hommes bêtes dans les forêts après la grande tempête qui avait secoué l’Empire. Philippe écarta ce sujet d’un revers de la main en affirmant que l’on était trop prêt de Middenheim pour craindre se genre de bestioles. Et la conversation repris son court.

Cela faisait deux bonnes heures qu’ils échangèrent des nouvelles lorsque Philippe les invita à partir:
– Mes amis, je suis très content de vous avoir retrouvé. La faim commence à me creuser le ventre et je sens d’ici la ratatouille de ma mie. Nous allons y aller.

Il reçut un accord plus que favorable de la part des aventuriers qui commençaient, eux aussi, à avoir sérieusement faim. Le petit groupe rassembla donc ses affaires et se mit en marche. Après avoir monté une petite pente à travers les arbres, ils rejoignirent le chemin qui menait au village.

Sur le retour, la conversation continua sur des sujets plus gais. Il se mit à parler d’un poisson d’au moins 5 kg qu’il avait attrapé pas plus tard que la semaine dernière :
– Ma femme pourra en témoigner. C’est elle qui l’a cuisiné. Je dois même vous dire qu’il se cache au fond du lac une perche d’au moins un mètre de long. Je suis persuadé de l’avoir presque attrapée.

Et ce fut avec force de grands gestes et d’explications qu’il arriva à sa conclusion.
– Mon fil de pêche a cédé après plus d’une heure de bataille avec ce monstre !

Essoufflé, il regardait son auditoire resté sans voix avant de partir dans un fou rire. Il ne pu se retenir de voir leurs visages sidérés.

Il évoqua ensuite la merveilleuse ratatouille que seule sa femme faisait aussi bien, sans parler de ses succulentes petites galettes de maïs au miel. L’appétit des joueurs commençait à se creuser quand une odeur de feu de bois et de viande grillée se fit sentir.

Philippe plaisanta en disant que c’est encore sa femme qui avait dû faire de leur visite toute une histoire. Elle avait sûrement organisé une fête dans le village :
– Elle a un don pour improviser des surprises, vous allez voir, c’est une femme formidable.

L’ancien voleur remarqua alors que le sol se couvrait progressivement de traces de sabots. Drulak, inquiet, était déjà entrain de les regarder de plus prêt. Cela ne ressemblait pas à des traces de chevaux. C’était bien des sabots, mais les créatures qui avaient laissé ces marques étaient des bipèdes. Parmi les nombreuses empruntes, on pouvait distinguer quelques traces de pattes nues et griffues. Il n’eut pas le temps de parler que Philippe dit en marchant :
– Tiens, c’est étrange, on ne les a pas vu passer avant et les traces semblent fraîches. Sûrement le duc de Nélior qui a chassé le cerf dans ses bois. Ce duc est d’ailleurs plutôt bien apprécié. Il sait se montrer juste et généreux. Une fois par an il organise un grand banquet. D’ailleurs c’est ma femme qui va préparer la ratatouille dans les cuisines de sa demeure. On va se faire une grosse fête, je vous le ….

Mais au moment où il allait finir sa phrase, il arrivait au détour du chemin où il découvrit une scène d’horreur.

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Une réflexion au sujet de « Ratatouille : Chapitre 2 »

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